top of page

Nager dans les étolies

  • alexandrapeala
  • 3 déc. 2025
  • 6 min de lecture

« Sois humble, car tu es fait de boue, sois noble, car tu es fait d’étoiles »


Imagine que tu es ce petit personnage qui marche le nez en l’air contemplant les étoiles…


Il rêve de sa grandeur il se voit scintiller dans la voie lactée... Il sait qu’il brille de mille éclats car il est de cette création. Et d’un coup sans prévenir, son pied dérape, il perd l’équilibre et tombe, il s’enfonce dans une boue épaisse telle des sables mouvants.


La Peur l’envahit, c’est comme si d’un seul coup tout l’Amour du Monde avait été aspirée par un cyclone et tournoyait broyant tout sur son passage.


C’est épais, froid, les étoiles semblent s’éteindre une à une… C’est la descente aux enfers.


'' Tu ne vas pas bien, ton cœur est d’un coup serré, tes yeux se ferment sur la beauté, tes mains se crispent sur elles-mêmes. Tu ne peux t’accrocher à rien car tu glisses, tu t’enfonces inexorablement au centre de ce trou, tel un puits sans fond. L’espoir te quitte petit à petit, les culpabilités surgissent, la colère explose, les regrets, le désarroi prend toute la place. Tu n’as d’autre choix que de descendre et lâcher prise, la mort te scrute et te défie, le Monde s’efface, tes pieds se vident de leur sève, tu coules.


Tu traverses des couches de boues si épaisses que ta peau change même de couleur, ton haleine se charge, tu halètes court…ton angoisse jaunit tes yeux. Quand tu arrives au fond du trou tout est si dense, si noir, si vide de sens et sans vie que tu n’as plus en toi une parcelle de joie. Il n’y a ni lumière, ni souffle tout est fermé, encaissé, putride, tu appelles la mort pour qu’elle te délivres.


Tu te sens si loin des étoiles que tu commences à en oublier leur existence.''


As-tu rêvé que tu marchais un jour sur la terre ferme, quelle est cette illusion d’Essence de toi, quel est ce mensonge qui t’envahis ? Tu entends des voix qui te disent que tout est là que tu peux sortir de ta boue, mais toi tu ne vois rien…ça crie, ça secoue, ça te dis, ça te donne, mais toi tu te recroquevilles dans ta boue, tu ne veux plus les entendre, tu préfères rester là recouvert, caché, nié…


Tu sais que tu peux, tu sens que c’est là, mais tu n’as plus envie, tu es la victime de ton bourreau intérieur, tu te subis. Quelque chose te fait tellement mal dedans… car tu sais que tu rajoutes de la souffrance à la douleur inévitable, mais tu t’en moques, c’est ta très grande faute, c’est ta punition pour avoir mis le pied de côté…


Tu te fais payer ce faux pas. Tu ressasses, tu tournes en rond dans ta boue, tu l’avales et la recraches, tu l’aimes ta boue autant que tu la détestes.



Tu sens une mini zone en toi qui n’est pas si froide, quand tu fermes les yeux cela ressemble à une bougie, un léger éclat jaune et blanc qui s’invite et réchauffe ta poitrine. Tu es sensible à sa présence mais tellement préoccupé à gesticuler dans tes regrets et patauger que tu ne fais pas cas d’elle. Elle se repropose à toi encore et encore comme un petit foyer intérieur, un havre de paix, une zone blanche, ou tu peux te concevoir et te poser en paix.


Tu t’accordes sa présence, de temps en temps, mais tu ne crois pas en elle.


Qui est-elle pour oser chauffer et faire briller un être aussi peu intéressant aussi peu courageux tellement raté !


Aucune de tes négations n’a d’influence sur elle, elle se met à étinceler de plus en plus quoi que tu fasses pour l’éteindre, quoi que tu dises, elle EST.


Alors arrive l’EAU, l’eau des émotions, les larmes, les torrents de chagrins…la pluie qui tombe et commence à délayer la boue. Quelle force dans cette eau ! Elle ravine, elle est un véritable déluge qui mélange les boues, les fluidifiant petit à petit.


Toi tu es là pataugeant, pestant, gémissant de tout ce déluge, tu as l’impression de subir une avarie de plus ; tu ne vois pas le cadeau sa PRESENCE.


Tu te dis qu’au moins cela aura pour effet d’éteindre définitivement cette satanée lumière encore en toi… Mais non, rien n’y fait. Il semble même que plus la boue s’éclaircit et plus la flamme prend des forces. C’est comme indépendant de toi de ta volonté, c’EST.


C’est une sacrée dilution qui s’opère, les échanges entre Terre Feu Eau se mélangent à l’Air qui s’infiltre à nouveau dans tes poumons au fur et à mesure que la boue se décharge de sa matière…l’Alchimie opère, la transmutation se fait par les éléments.


Ton Feu devient un brasier, ton Eau un torrent, ta Terre un asile, ton Air reconstruit tes poumons…tu remontes doucement chargé de cet air souverain, ton puits s’est transformé en lac.


Tu patauges, puis tu nages, tes membres reprennent vie, tu n’es plus ankylosé…


Tu portes en toi l’espoir à nouveau. Ce sont les premières blessures, les plus petites particules qui se sont mises à flotter les premières, puis c’est au tour des blessures secrètes enfouies profondément au fond du lac.


Tu voudrais que l’eau soit pure, claire… Mais pour cela tu dois filtrer, brasser la boue. Et plus tu brasses et plus cela remonte, c’est insupportable ! Tu t’aperçois que tu peux à ta guise nager des profondeurs à la surface. Que quand tu as fait remonter une blessure tu dois l’accompagner vers la lumière pour la libérer.


Tu es le seul Maître de ce jeu, personne ne peut faire ce travail pour toi, c’est ton alchimie intime. Sais-tu que tu as le temps et que tu peux RESPIRER…


Tu peux faire la planche, admirer le ciel, puis y retourner. La nuit tombe encore une fois, mais les étoiles sont réapparues, tu sais qu’elles sont là te guidant immuables.


Tes efforts deviennent un jeu, tu peux de ta boue faire une œuvre comme le potier, de ton corps qui nage une danse et « nager dans les étoiles ».


Tu prends conscience que tu te sabotes tel un guerrier désespéré, tu as retourné la lame contre toi de peur de vivre des heures encore plus sombres…


Tu as touché ta partie archaïque, tu as envie d’abandonner, de ne plus jamais sentir ni ressentir le gout de la torture, des viols, les humiliations, les écartèlements de cette Humanité, c’est insupportable !


Ce que tu as subit et fait subir au fil des temps…


De tes cellules sort un immense cri de honte et d’effroi comme le volcan crache sa lave vers le ciel ! Ce sont les bassesses et noirceurs de ce monde en toi.


Tu as osé touché à la mémoire de la Terre !


Tu as affronté les dragons de ton être et tu as traversé les peurs les plus atroces…et tu es toujours là.


« La vie ne vaut rien mais rien ne vaut la vie »…


Tu es en vie là, et ce lac se purifie, ton lac est relié aux EAUX de la Terre par des ramifications souterraines et secrètes…plus ton lac se purifie et plus les eaux du Monde retrouvent leur Sacré.


Te vois-tu à présent avec quelques cheveux blancs de plus…assis dans ta barque, le soir sur le lac paisible, à la lueur d’une lanterne à contempler les constellations, le cœur plus léger du travail accompli. Sens-tu cette plénitude te gagner, heureux fier d’avoir affronté tes démons avec l’Amour comme bouclier…


Regardes toi, n’es-tu pas la plus belle étoile parmi les cieux avec ton étincelle dans le cœur…



N’es-tu pas fier de ce que tu as offert au Monde en purifiant tes eaux intérieures ?


Tu resplendis, tu es un Humain accompli. Tu as su mettre du cœur à l’ouvrage, ton courage est ta Vertu, il est là le cadeau, ne crois-tu pas ?


Tu es un survivant, un super vivant un homme debout sous les étoiles…


Sois digne et heureux mais surtout « Sois humble, car tu es fait de boue ; sois noble, car tu es fait d’étoiles »


(proverbe Serbe)



bottom of page